Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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plusieurs talens agréables, et beaucoup de connaissances
variées. Un esprit facile, un langage épuré , une physio-
nomie heureuse , contribuèrent à lui gagner les bonnes
grâces d’un monarque qui recherchait également les sa-
vans, les artistes et les gens aimables. Rosso fut nommé
surintendant de tous les ouvrages entrepris dans le château
de Fontainebleau, dont il construisit la grande galerie dé-
corée d’abord sur ses dessins. Par une faveur singulière, il
devint chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, quoique
rien ne fasse présumer qu’il fût dans l’état ecclésiastique.
La présence du Primatice en France excita tellement sa
jalousie que François I.er, pour le tranquilliser, éloigna ce
rival dangereux. Rosso mit lui-même un terme à sa pros-
périté. On lui avait volé une somme considérable; ses soup-
çons se portèrent sur un de ses amis nommé Pellegrino, qui
n'est pas Pellegrino Tibaldi, comme quelques-uns l’ont
cru ; l’avarice rendit Rosso cruel : il fit mettre Pellegrino
à la question; l’infortuné résista aux tourmens, et son in-
nocence fut reconnue. Dès qu’il eut recouvré sa liberté, il
attaqua juridiquement son accusateur, pour en obtenir
une réparation. Rosso, déchiré de remords, et effrayé des
suites de cette procédure, mit un terme à son existence en
prenant un poison violent. Il n’avait que 45 ans.

Le Primatice, rappelé en France pour le remplacer, fît
détruire une partie des ouvrages que cet artiste avait lais-
sée dans les maisons royales.
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