Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

Seite: 131
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1806a/0200
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
{ i3i )

Planche soixante-deuxième — Sainte Anne faisant lire
la Vierge. Tableau de la galerie du Musée ; par
Rubens.

Rubens a voulu produire un ouvrage gracieux et
naïf, et il a atteint, en partie, le but qu’il s’était proposé.
La figure de la Vierge est charmante par son attitude, sa
candeur et la beauté de ses traits ; il ne lui manque que plu3
d’élégance dans les formes. Sainte Anne représente bien
une mère qui se livre entièrement au soin de former l’es-
prit de sa fille; une douce gravité règne dans sa physio-
nomie , et la main qu’elle appuie sur Marie offre un trait
de sentiment qui donne l’idée de la bienveillance mater-
nelle. Joachim paraît prendre un vif intérêt aux progrès
de sa fille ; ce mérite d’expression est le seul que l’on trouve
dans cette figure dont le caractère est commun et trivial.

Si l’artiste n’avait pas placé deux Anges dans le haut de
ce tableau, on ne verrait dans sa composition qu’une scène
familière, et elle est rendue avec tant de vérité que l’on
croirait que Rubens l’a tracée d’après nature. Mais le
sujet étant historique, on ne peut guères pardonner à ce
peintre l’inconvenance des costumes et surtout d’avoir
donné une robe de soie à la jeune Vierge.

Le coloris de ce tableau est terne, et paraît avoir souf-
fert ; cet effet provient peut-être de la place peu favorable
qu’il occupe dans la galerie du Musée. Les nus sont dessinés
avec correction , et les draperies ajustées avec assez de
goût ; mais une exécution trop rapide semble avoir nui à
cette composition, l’une des moins connues de Rubens.
Les figures sont de grandeur naturelle.
loading ...