Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche soixante-quatrième. — La Charité. Bas-relief

en marbre du Musée des Monumens français; par

J. Sarazin.

Les peintres et les sculpteurs ont ordinairement repré-
senté la Charité sous la figure d’une femme qui allaite
plusieurs enfans : cette allégorie est aussi juste qu’ingé-
nieuse, et Sarazin n’aurait peut-être pas du chercher une
nouvelle manière de caractériser cette vertu. C’est en
homme d’esprit sans doute qu’il s’est écarté de l’usage gé-
néral; mais, en voulant paraître neuf, il s’est rendu pres-
que inintelligible. Dans ce bas-relief, une jeune Femme
épanche l’eau que contient un vase, sur un Enfant qui ne
peut avoir de besoins, puisque ses ailes désignent un per-
sonnage céleste. Lien ne peut donc, dans cette composition,
faire reconnaître la troisième des vertus que recommande
la religion chrétienne.

Ce médaillon fait partie du tombeau de Henri de Bour-
bon Condé, érigé dans l’église des Grands Jésuites de
Paris.

Quatre médaillons, dont les trois autres représentent la
Foi, la Religion et la Prudence, décoraient ce monument
qui, depuis son exécution , sei'yait à déposer le cœur des
princes de la même maison. Le cœur du Grand Condé y
avait été réuni à celui de son père, en 1686.

Ce mausolée est remarquable, sous le rapport des arts,
par un grand nombre de bas-reliefs dont la pensée n’est
pas toujours exempte de bizarrerie.

On a déjà rendu compte, page 65 du <q.me volume, du
médaillon qui représente la Prudence ; celui-ci est d’une
belle exécution et d’un dessin assez pur, quoique un peu
lourd. Les draperies sont bien ajustées.
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