Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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et ne trouva longtemps de secours que dans les pauvïeà
qu’elle avait soulagés. Enfin l’usurpateur Henri, décliiré
de remords, lui rendit le rang qu’elle devait occuper
jusqu’à la majorité de son fils aîné. Elizabeth gouverna de
nouveau; mais sans perdre de vue l’intérêt de ses peuples,
elle voulut prendre le voile, et ce fut du fond d’un cloître
qu’elle continua de faire le bonheur des états qui lui
étaient soumis. Elle mourut à 24 ans.

Crayer est l’un des peintres flamands que l’on place
immédiatement après Rubens ; ce maître lui-même pen-
sait que Crayer était au moins son égal ; cependant en
France, il n’a pas une célébrité comparable à celle qu’il
conserve chez ses compatriotes. On lui accorde plus de
pureté dans le dessin qu’à Rubens ; peut-être cet éloge
n’est-il pas fondé : dans ce tableau, dont le ton est léger et
l’aspect agréable, les figures, quoique dessinées avec soin,
offrent quelques incorrections; de pareils défauts,dans les
ouvrages de Rubens , sont toujours rachetés par une
grande énergie, et par la force du style ; mais ici, comme
dans beaucoup de tableaux de Crayer, on n’a pas une
pareille compensation à attendre.

Crayer dispose ses draperies avec simplicité, ses figures
sont groupées avec art, et ses expressions ne sont pas dé-
pourvues de dignité. Ces qualités se retrouvent dans ce
tableau qui est précieux surtout pour l’agrément du coloris
et la suavité du pinceau.
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