Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche soixante - septième. -— Le Roi Candaule ; par
M. Menjaud.

Platon raconte que Gygès, berger lydien, vit un jçutr la
terre s’entr’ouvrir devant lui : il osa descendre dans l’aby me
qui venait de se former, et trouva, à une certaine profon-
deur, un cheval énorme ( en bronze sans doute ), dans les
flancs duquel était couché le cadavre d’un homme magni-
fiquement vêtu. Gygès , instruit par une inscription
qu’un anneau que ce cadavre portait au doigt avait la
vertu de rendre invisible, s’en empara, et, sans redouter
aucun obstacle, pensa dès-lors à faire périr Candaule qui
régnait sur la Lydie, et à monter sur le trône : il réussit
dans son dessein, et sa race remplaça celle des Héraclides
dont Candaule fut le dernier prince. Cette fable ressemble
à un conte des Mille et une Nuits. L’usurpation de Gygès,,
qu’on place vers l’an 718 avant J. C., a donné lieu à un
autre récit qui, s’il n’est pas plus vrai, est au moins plus
vraisemblable. Candaule avait une épouse dont la beauté
le rendait vain; peu content de la louer sans cesse de-
vant ses courtisans, il voulut que l’un d’eux pût contempler
tous les charmes de la Princesse. Gygès, fils de Dascylus,
obtint cette faveur : il vit la Heine dans le moment où elle
allait se mettre au bain. Malgré les précautions que Can-
daule avait prises pour que Gygès ne fût pas aperçu de la
Reine, elle le vit,et irritée de l’imprudence de son époux
à qui peut-être elle préférait le jeune Courtisan, elle
ht. entendre à celui-ci qu’il ne devait y avoir qu’un
homme au monde qui l’eut vue dans cet état de nudité.
Tl comprit qu’elle voulait la mort de son époux ; il
tua Candaule, épousa sa veuve, et s’empara du trône de

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