Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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C *47 )

Planche soixante-dixième. — Le Concert. Tableau de la
galerie du Musée ; par le Caravage.

Des Musiciens ambulans se sont arrêtés au coin'' d’une
rue où, suivant l’usage de l’Italie, ils chantent une an-
tienne à la Vierge.

Le costume grotesque de ces Chanteurs, leur physio-
nomie triviale, la vérité de leurs diverses expressions
donnent à cet ouvrage un caractère comique qui con-
traste avec les teintes sombres du tableau. Les ombres
sont absolument noires ; et l’on ne peut dire, pour
excuser le Caravage , qu’il a voulu rendre l’effet du jour
à son déclin, puisque ses lumières sont brillantes; au
reste ce défaut est celui dans lequel tomba le Caravage
depuis l’époque où , pour discréditer le Josépin , il aban-
donna la manière agréable du Giorgion, et chercha à se
faire un coloris vigoureux et singulier.

Les figures de ce tableau sont dessinées avec force et
naïveté; mais c’est surtout l’énergie et la beauté du pinceau
qui en font le principal mérite.

Quelques personnes ont prétendu qu’on y reconnaissait
plutôt la main d’un élève du Caravage que celle du Cara-
vage lui-même. La manière de ce maître paraît exagé-
rée dans cet ouvrage , il faut en convenir ; et l’exagération
d’une manière semble moins appartenir à celui qui l’a-
dopte d’abord , qu’à ses imitateurs : c’est sur ce raisonne-
ment , sans doute , que ceux qui doutaient que ce tableau
fût du Caravage, ont appuyé leur opinion. Mais il est
certain qu’il existe en Italie, dans des cabinets particuliers,
plusieurs ouvrages bien reconnus pour être de ce peintre,
quoique d’un mérite inférieur à celui-ci, et où sa manière
ne paraît pas moins outrée.

Les figures sont de proportion naturelle.
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