Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Soit inadvertance, soit fantaisie de l’artiste, ces deux
sujets qui devraient être traités séparément se trouvent
donc ici réunis; il est douteux que le Poussin ou quelque
autre peintre, historien fidèle, eussent pris une semblable
licence. Peut-être Jules-Romain a-t-il voulu donner plus
d’apparat à son sujet. La circoncision , chez les Hé-
breux (*), n’en exigeait aucun; leur loi même n’avait
rien de prescrit sur le ministre : ce pouvait être le père
de l’enfant, un parent, un prêtre, un chirurgien , etc.;
la circoncision étant pour la religion hébraïque, ce qu’est
le baptême dans la religion chrétienne.

Au surplus, cette multitude de personnages d’âge
et de sexe différens, dont les attitudes sont vraies et ani-
mées; cette variété de caractères, de costumes; celle
richesse d’architecture, cette plénitude de scène, si l’on
peut s’exprimer ainsi, annoncent une imagination riche,
une invention facile , qualités éminentes qui distinguent
le premier des élèves de Raphaël. Quoique Jules-Romain
ait particulièrement excellé dans les grands ouvrages, sur-
tout dans les fresques, on ne peut disconvenir que ce
tableau peint à l’huile, et dont les figures ont tout au
plus vingt pouces de proportion, ne soit extrêmement
précieux sous bien des rapports. Sa parfaite conserva-
tion y ajoute un nouveau prix.

Lorsque Jules-Romain fit ce tableau, sans doute il
.était encore sous la discipline de Raphaël. Plusieurs par-
ties sont exécutées d’un pinceau sec et timide; les têles de
femmes semblent avoir été peintes sans que l’artiste ait con-

(*) Les Juifs modernes donnent un grand éclat à cette eéié-

morne.
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