Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche quatorzième. — Le Christ expirant sur la croix.

Tableau de la galerie du Musée ; par Simon Vouët.

Les Apôtres, le peuple et les bourreaux se sont élôignés.
Il ne reste auprès de la croix que Marie, S. Jean le disciple
bien aimé de Jésus, et la Madeleine. Cette sainte femme
à genoux, les mains jointes et le3 yeux élevés vers le divin
objet de son amour, cherche dans les regards mourans du
Christ quelque soulagement à sa douleur. Jésus tourne le3
siens vers la région céleste ; il va rendre le dernier soupir.

Parmi les sujets de dévotion, il n’en est pas d’aussi
touchant, d’aussi sublime que celui-ci. Mais il exige une
si grande force d’expression que de tous les peintres qui
l’ont traité, Rubens est peut-être le seul qui ait eu le don
d’émouvoir vivement le spectateur. Heureux s’il n’eût pas
laissé tant à desirer sous le rapport de la correction et de la
dignité! Ses personnages sont de nature toute humaine.
Mais quel pinceau peut atteindre à la majesté divine; et
ne sait-on pas que lorsque Léonard de Vinci peignit son
fameux tableau de la Cène, il laissa l’ébauche de la tête
du Christ imparfaite; désespérant, disait-il, de la rendre
comme on doit la concevoir?

Userait étonnant que Vouët, qui n’a jamais approfondi
son art, et qui s’est moins attaché à exprimer les affections
de l’ame, qu'à flatter les yeux par une agréable réunion
de couleurs, il serait, dis-je, étonnant que ce peintre eût
réussi dans une entreprise où tant d’autres ont échoué.
Aussi son tableau est-il nul quant à l’expression ; la tête du
Christ est cependant assez belle. Celles de S. Jean et de la
Madeleine sont maniérées, et la Vierge est beaucoup trop
jeune. Le dëssin du Christ est d’uu bon goût, mais un peu
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