Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche vingtième.— S. Mathieu. Tableau de la galerie
du Musée; par Gérard Segliers.

Gérard Segliers est un de ces artistes qui doués d’une
grande facilité et ne s’étant pas attachés exclusivement à
un seul maître, ont varié plus d’une fois dans le caractère
de leurs productions, par suite de réflexions nouvelles, ou
de circonstances particulières.

Né à Anvers en i5p2, Gérard Segliers fut d’abord
élève de Janssens, d’autres disent de Van Balen: il est
probable qu’il avait pris des leçons du premier avant
d’entrer dans l’école du second. Seghers fit de grands
progrès chez Van Balen, mais quoique ce maître eût passé
quelque temps à Rome, ses ouvrages ainsi que ceux de
son élève se ressentaient toujours du goût flamand. Segliers
se décida à aller étudier en Italie: il choisit l’école deMan-
fredi qui s’était formé à celle du Caravage, et dont les
tableaux avaient été pris souvent pour ceux du maître.
Seghers s’attacha à cette harmonie vigoureuse qui distin-
gue ces deux artistes, et même il imitait Manfredi au point
d’embarrasser les connaisseurs. Il fit aussi quelques
morceaux dans le goût du Tintoret. Le cardinal Zapafa,
ambassadeur à la cour de Rome, l’emmena avec lui en
Espagne et le présenta au roi;le monarque goûta le talent
de Seghers, lui commanda plusieurs tableaux, le gra-
tifia d’une pension considérable, et au bout de quelque
temps, lui permit de retourner dans sa patrie. C’était le
plus grand désir de Seghers; il se flattait d’y obtenir
autant de gloire que de fortune. Une partie de ses espé-
rances fut trompée: on prit ses compositions pour des ou-
vrages de maîtres italiens ; mais cette manière sombre eut
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