Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche vingt-unième. — La Résurrection du Sauveur.

Tableau de la galerie du Musée ; par Rubens.

Si Rubens fût né sous le beau ciel d’Italie, il y eût puisé
de bonne heure le goût des formes antiques; son style eût
été pur et correct. Doué d’une brûlante énergie, aussi puis-
samment organisé que le fut Michel-Ange, il eût, ainsi
que ce grand homme, uni l’élégance et le grandiose du
dessin à l’élévation de la pensée et à la vigueur de l’expres-
sion. Cependant on ne peut absolument refuser à Rubens
la science anatomique. Les mouvemens de ses figures sont
vrais, et les muscles sont toujours prononcés avec senti-
ment; il ne laisse à desirer que la noblesse et la variété des
contours. Jeune encore, cet artiste avait imprimé à ses ou-
vrages un caractère d’originalité; lorsqu’il arriva à Rome,
il voulut maîtriser un génie qui l’entraînait plutôt vers
l’imitation de la nature que vers l’étude des beautés idéales;
il tâcha de réformer son goût et d’épurer son style; le seul
fruit qu’il retira de ses efforts, fut sans doute d’apprendre
à se défier pour l’avenir d’une trop grande facilité, car il
ne fit alors que contraindre les élans de son imagination et
refroidir son pinceau. Sa touche perdit de sa légèreté, ses
carnations furent moins naturelles, ses expressions moins
franches; il cessa d’être lui-même. Ce ne fut qu’à son
retour à Anvers qu’il s’abandonna enfin à cette verve iné-
puisable qui lui a fait produire tant d’ouvrages dit premier
ordre.

Ces observations sont fondées sur l’examen du tableau
dont on donne ici le trait; il est évident que Rubens l’a
peint soit en Italie , soit immédiatement après son retour
eu Flandres. Il a cherché à imiter le Carache dans la
14. il
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