Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche trentième.— Esther devant Mssuérus. Tableau
de la galerie du Musée ; par Paul Véronèse.

Assuërus, roi de Perse, que quelques savans croient
être un Arîaxercès, d’autres Cambyse, après avoir ré-
pudié Vasthi, fit chercher les plus belles filles de son
Empire, pour élever au rang de reine celle qui lui plai-
rait davantage. Esther, née juive et nièce de Mardochée,
attira les regards d’Assuérus par sa beaujé et sa mo-
destie , mais elle laissa ignorer son origine. Le mo-
narque plaça sur le front d’Esther le bandeau royal : les
noces furent célébrées avec une pompe extraordinaire.
Assuérus gratifia ses peuples et fit aux grands de sa cour
des présens dignes de sa magnificence. Quelque temps
après, Aman , favori du roi, et implacable ennemi des
Juifs, parce qu’un seul d’entre eux, ce même Mardochée,
avait refusé de fléchir le genou devant lui, résolut de
se venger en exterminant la nation entière. Le jour
était arrêté: les ordres du roi qu’il avait surpris, étaient
déjà répandus dans les provinces ; tous les Juifs allaient
périr à la fois, lorsqu’Esther est secrètement avertie; mais
une loi défend d’entrer dans la chambre du roi, et celui
qui l’oserait violer serait mis à mort au même instant. De
quoi servira le dévouement d’Esther? Alors une voix plus
puissante que la crainte de la mort, la voix du ciel qui
l’avait choisie pour sauver son peuple, ranime son cou-
rage. Elle se présente.devant le roi, et dans son trouble
elle est prête à s’évanouir aux pieds du trône. Assuérus,
depuis trente jours , n’avait pas vu la reine ; sa situation
l’émeut , il se sent plus que jamais épris de ses charmes,
et la touchant de son sceptre d’or, il confirme sa grâce:
celle des Juifs lui sera bientôt accordée.
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