Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche trente-unième. — Salo/né , fille d'Hérodias,
recevant la tête de S. Jean-Baptiste. Tableau de la
galerie du Musée ; par le Guercliin.

Victime du ressentiment d’Hérodias, S. Jean-Baptiste
est décapité dans sa prison, au château du Macheronte.
On a déjà eu l’occasion de citer ce trait dans un des vo-
lumes précédens.

Il ne faut chercher dans un tableau du Guercliin ni
cette noblesse de formes et d’expression qui relève les
actions même les plus communes, ni cette exactitude de
costume qui reporte l’imagination du spectateur au temps
et au lieu de la scène. Ce peintre se livra presque unique-
ment au matériel de son art, et sous ce rapport ses succès
furent assez brillans pour qu’on lui pardonne d’en avoir
manqué l’idéal. Cependant il ne faut pas croire que ses
compositions soyent mesquines ou triviales; on y trouve
au contraire un grandiose de disposition et de clair-obscur
qui ne permet pas toujours d’apercevoir ce qu’elles laissent
à desirer sous le rapport du pathétique et de la dignité. Le
Guercliin a négligé l'étude de l’antique, cependant son
dessin est nerveux et vrai; et s’il a rarement embelli ses
modèles, du moins il ne les a pas dégradés. Mais le Guer-
chin a trop peu varié son style, et dans presque tous ses
ouvrages on rencontre les mêmes beautés et les mêmes
défauts. Celui-ci est exécuté d’un pinceau moelleux et
avec une grande vigueur de coloris. Le corps du Bourreau
est bien modelé. La tête de Salomé est gracieuse, mais elle
manque de caractère : son air de candeur et de timidité
contraste avec la cruauté de son action. Les costumes
sont absolument de fantaisie, et n’appartiennent à aucun
peuple.

14. jfi.
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