Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

Seite: 79
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1807/0121
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 79 )

Planche trente-sixième. — Le Christ apparait à la
Vierge ; Tableau de la galerie du Musée ; par
le Guercliin.

A l’apparition imprévue du Christ, la "Vierge tombe
à ses genoux, et porte la main sur la plaie de son fils,
pour s’assurer de la vérité de ce qu’elle voit.

Le coloris de ce tableau, dont les figures sont de,
grandeur naturelle, est chaud et vigoureux, et les
draperies sont largement exécutées. Celle du Christ
est d’une ampleur outrée, et le jet n’en est pas heu-
reux- les plis ne laissent aucune indication des parties
du nu qu’elles couvrent. Cette draperie est cl’un gris
de lin très-léger. Le manteau de la Vierge est bleu,
sa tunique violette, son voile d’un jaune clair, et le
rideau qui est suspendu au-dessus de l’espèce d’ora-
toire sur lequel on voit un livre est d’un jaune foncé.
Le groupe se délache sur un fond très-sombre. La
tête du Christ et celle de la Vierge sont d’un beau
caractère, mais il n’y a rien d’idéal dans les formes
ni dans l’expression. « Les sublimes conceptions des
« artistes anciens ( dit Winckelmann, Liv. IV, ch. II )
« auraient dû faire naître l’idée aux artistes modernes ,
«< lorsqu’ils ont eu à traiter la figure du Sauveur , de la
« rendre ressemblante aux prophéties , qui l’annoncent
« comme le plus beau parmi les enfans des hommes.
« Mais dans la plupart de ces figures , à commencer
■< parcelles de Michel-Ange, l’idée en paraît empruntée
« des productions barbares du moyen âge. On ne peut
« rien voir de plus ignoble en physionomie que les airs
" de tête du Christ. Que Raphaël a eu des conceptions
« bien plus nobles ! C’est ce que nous voyons entre
« autres dans un petit dessein qui se trouve au cabinet
« royal Farnèse de Naples, et qui représente Jésus-
loading ...