Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche Quarantième. — Statue de l’Amour ; par
TYI. Fortin.

Les poètes et les artistes n’ont pas toujours peint
l’Amour sous les traits d'un enfant jouant dans les bras
de sa mère : quelquefois il parait avec la fraîcheur
de la jeunesse , et c’est ainsi qu’on représente l’amant
de Psyché. M Fortin lui a donné les formes de l’a-
dolescence. L’Amour a déposé ses armes , et par les
accens de sa voix, qu’accompagnent les sons de sa
lyre, il charme les amans malheureux. Tel est le sujet
de cette Statue. Elle a cinq pied de proportion , et a
été exécutée en marbre pour M. Portalès de Neuf-
châtel. La pose en est agréable, et l’exécution très-
soignée.

«Sur les pierres gravées les plus anciennes, dit
Winckelmann ( livre IV ch. VI), l’Amour n’est pas
figuré comme un petit enfant, mais comme un jeune
garçon -, c’est ainsi qu’il paraît sur une belle cornaline ,
appartenant au commandeur Vettori, à Rome. A en
juger par la forme des lettres du nom du graveur ,
c’est une des pierres les plus anciennes avec le nom de
l’artiste. L’Amour y est représenté couché, ayant le
corps relevé comme pour jouer. Il a de grandes ailes
d’aigle, telles que la plus haute antiquité en donnait
à presque tous les Dieux ; et à côté de lui, une co-
quille bivalve ouverte. Les artistes successeurs de
Phrigillus, tels que Solon et Tryphon , donnèrent à
l’Amour une nature plus enfantine et des ailes plus
courtes : c’est dans cette forme et dans la manière des
enfans de Fiamingo (F.Duquesnoy , dit François Fla-
mand ) qu’on voit ce dieu sur une infinité de pierres
gravées. C’est ainsi encore que sont figurés les enfans
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