Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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celles de son frère , ont été publiées avec succès. On
doit à M. Firmin Didot une traduction en vers des
Bucoliques de Virgile.

MÉIIBÏ E.

Daphnis sc reposait assis sous des ombrages ;

Coryclon et Thyrsis dans les memes herbages ,

Près du berger, gardaient.leurs troupeaux réunis,

Corydon ses chevreaux , et Thyrsis ses brebis.

Tous deux jeunes , tous deux enfans de l’Arcadie ,

Ils savaient , disputant de goût, de mélodie /

Chanter tous deux en vers et répondre tous deux.

Le chef de mon troupeau s’était enfui près d’eux,

Lorsque j’allais , craignant l’orageuse soirée,

Placer mes myrtes veids à l’abri de Borée.

Je le cherchais; Daphnis m’entend , tourne les yeux ;

Ton bélier, me dit-il,, est tout près de ces lieux;

II suivra les troupeaux qui gagnent ce rivage :

Prends un peu de loisir , viens t’asseoir sous l’ombrage s
Vois-tu le Mincio serpenter mollement ?

Entends-tu comme ici d’un doux bourdonnement
Les essaims à l’envi font résonner ce chêne ?

Que faire ? Je n’avais ni Philis ni Climène ,

Et mes agneaux sevrés se mêlaient aux brebis;

Mais Corydon chantait défié par Thyrsis ;

Je préférai leurs jeux a des soins plus utiles :

Aux lois des doctes sœurs ces deux rivaux docilesy
Commencent tour-à-four un combat pastoral ;

Et Thyrsis répondait aux chants de son rival.

Le dessin qui sert de frontispice à ceü^ Eclogue,
dans la grande édition du Virgile de Didot, est d’une
harmonie piquante, dont un simple trait de burin ne
peut rendre l’effet, mais il est facile de s’en faire une
idée: le groupe des trois bergers est entièrement dans
l’ombre , il n’y a de lumière que dans le ciel et sur
une partie de la demi-figure qu’on voit au deuxième
plan.
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