Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

Seite: 97
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1807/0148
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 37 )

Planche quarante - cinquième. — Le Bonheur de la Yie
champêtre ; Dessin de M. Gérard.

Ce dessin a été composé pour le frontispice du
deuxième livre des Gêorgiques , grande édition de
Didot, dont on a rendu compte dans un des articles
précédens. Nous rapportons ici quelques fragmens de
la traduction de ce poème par M. l’abbé Desfontaines ;
le lecteur y saisira le passage que l’artiste a choisi pour
sujet de sa composition.

« Heureux les habitans de la campagne s’ils pou-
vaient connaître leur bonheur ! Loin du bruit des
armes , la terre équitable récompense leurs travaux
en les faisant vivre aisément. S’ils ne voient pas le
matin une foule de courtisans assiéger leurs superbes
palais, si les vastes portiques magnifiquement ornés,
ei les vases de Corinthe , les habits chamarrés d'or ,
la pourpre , les parfums , si tout cela leur est inconnu ,
ils jouissent, en récompense, d’une vie tranquille et
innocente, source de mille biens. Ils sont paisibles
dans les champs qui leur appartiennent ; ils ont des
grottes , des étangs, et des prairies arrosées par des
ruisseaux -, ils y entendent les mugissemens de leurs
troupeaux, et ils dorment tranquillement à l’ombre
de leurs arbres. Là, au milieu des bois et des bêtes
féroces qui les habitent, la jeunesse est laborieuse et
sobre ; là , on honore les dieux et on respecte ses
parens. Ce fut parmi les laboureurs qu’Astrée, prête

à quitter la terre , fît son dernier séjour.

<> Heureux qui peut approfondir la nature et con-
naître tous ses ressorts! Heureux qui sait braver les
frayeurs de l’inévitable trépas et mépriser le vain
bruit de l’avare Achéron ! Mais heureux aussi qui

14- 23
loading ...