Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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le dessin et le coloris, des plus grandes parties, re-
tranchant les petites comme indignes d’attention, et
les moyennes comme inutiles, lorsqu’il ne peut les
aggrandir sans nuire aux grandes parties (*). Le genre
d’exécution dans ce style doit être simple, grave et
uniforme. Plusieurs grands maîtres de l’école d’Italie
ont approché du sublime -, mais il serait difficile de
citer un tableau , même de Raphaël ou de Michel-
Ange, où ce style se trouvât dans toutes les parties.
On le rencontrera plutôt dans quelques-uns des mo-
numens de sculpture grecque qui sont parvenus jusqu’à
nous , tels que l’Apollon du Belvédère, le Torse an-
tique , et la Tête colossale de Jupiter, qui se voient au
Musée Napoléon ; morceaux vraiment sublimes, et qui
donnent une idée de la perfection de l’art des anciens.

Il nous reste à parler du beau style , du gracieux, et
même de plusieurs autres , tels que le style expressif,
le naturel, le style facile, etc., que quelques auteurs,
entre autres Mengs , ont cru devoir admettre. Leurs
différentes définitions trouveront place dans un Nu-
méro prochain.

(*) Chaque chose dans la nature ( Observations de M. le cheva-
lier d’Azara, sur le traité de Mengs), est composée de quelques
parties principales, d’autres plus petites, et ainsi de suite , à l’infini.
Notre vue ne peut pas discerner les premiers élcmens des choses ;
le peintre ne doit pas se proposer de les copier, et moins -encore
de les rendre avec leurs couleurs. Le visage de l’homme, par
exemple, est composé d’un front, de sourcils , d’yeux, d’un nez ,
de joues, d’un menton, d’une barbe, qui forment ses grandes
parties , et dont chacune en renferme beaucoup d’autres plus
petites. Si le peintre ne cherche qu’à bien représenter les parties
principales dont nous venons de parler , il aura un grand style ;
s’il s’arrête de même aux secondes, son style ne sera que moyen ou
médiocre; et lorsqu’enfin il entre jusque dans les plus petits détails ,
son style deviendra petit, mesquin, et même ridicule. On peut donc
tomber dans le style mesquin en peignant une figure colossale, de
même qu’on, peut avoir un grand style en représentant de petits
objets.
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