Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche soixantième. — Quatre Bustes de la galerie des
Antiques.

Sans doute il n’existe pas un plus beau fragment de
la sculpture grecque que la tête de Jupiter dont nous
offrons ici ( fig. 1 ) une légère esquisse. La majesté
divine est empreinte dans tous ses traits. Son front est
calme et serein, son regard doux et paisible; sa bouche,
un peu entr’ouverte, respire la bienfaisance : ce morceau
sublime élève la pensée et ravit d’admiration. C’est le
seul peut-être des restes de l’antiquité qui puisse nous
donner une idée de l’art des Phidias, des Alcamènes, des
Praxitèles; c’est le chef-d’œuvre d’un statuaire du
premier ordre. Les cheveux et la barbe sont du plus
grand style et de la plus belle exécution.

Cette tête fut trouvée dans les ruines de la Colonia.
Ocriculana, aujourd’hui Otricoli, à dix-sept lieues de
Piome, sur la voie üaminienne , et placée par Pie VI au
Musée du Vatican. Elle paraît avoir fait partie d’une
statue colossale. La face depuis l’origine des cheveux
jusqu’au bas du menton , a treize pouces de hauteur.
Le cou et les épaules ont été ajoutés.

La deuxième figure est un Hermès représentant un
dieu marin ; il est de la même dimension que la tête
de Jupiter que l’on vient de citer, et ils ornent, des
deux côtés, la porte qui conduit de la salle du Laocoon
à celle de l’Apollon. Cet Hermès est connu sous le
titre de l’Océan. Mais on a lieu de conjecturer d’après
les peaux ou membranes déchiquetées en forme de
nageoires de poisson qui lui couvrentle front,les joues,
le menton et la poitrine , que l’artiste a voulu désigner
un triton. Ces accessoires monstrueux ne s’accordent
pas avec les formes sous lesquelles on a coutume de
représenter l’Océan. Les cornes de bœuf qui s’élèvent
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