Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

Seite: 138
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( i.38 )

Le nom de Perrault que nous venons de citer , nous rappelle
une anecdote qui mérite d’être connue. Cet artiste eut beaucoup
de part dans la confiance du grand Colbert. Le ministre lui té-
moignait un jour les regrets qu’il éprouvait de n’avoir pas fait une
étude particulière du dessin dans sa jeunesse pour pouvoir lui
tracer ses idées. L’architecte lui répondit ainsi : Vous êtes dans
une grande erreur ; il est fort heureux pour un ministre, et encore
plus pour un souverain , de se trouver dans l’impuissance de perdre
un temps qui leur est si précieux, à crayonner des idées qui ne
sauraient être utiles, par l’ignorance des grands principes de cet
art et le défaut, de pratique. Les faibles connaissances leur sont
même nuisibles , en ce que leurs productions étant applaudies par
les flatteurs , quelques médiocres qu’elles soient, elles sont souvent
préférées, pour l’exécution, aux excellentes. D’ailleurs, ces sortes
d’amusemens étant toujours bornés à. de petits sujets, ils achèvent
de rétrécir leur goût et leur génie , au lieu de l’agrandir. Il y a
long-temps qu’on a représenté un prince qui fait bâtir et celui
il qui il confie le soin de ses bâtimens par l’emblème d’un homme
sans main , mais ayant de bons yeux et d’excellentes oreilles ,
pour exprimer que ni le roi ni le ministre ne doivent travailler
eux-mêmes aux dessins de leurs bâtimens ; qu’ils n’ont besoin que
de leurs yeux et de bonnes oreilles pour juger de ceux qu’on leur
présente.

L’auteur (i) de qui nous empruntons cette citation ajoute l’ob-
servation suivante. « Quoique ce sentiment soit vrai en général ,
il est cependant sujet à quelques restrictions. Un prince qui s’est
exercé pendant les premières années de sa jeunesse à cultiver le
dessin , jugera dans la suite plus sainement du mérite d’un grand
artiste, en se rappelant les difficultés qu’il a dû surmonter pour
atteindre à la perfection. Comme ces difficultés lui sont connues
par son expérience, elles le frapperont davantage, et le persua-
deront plus facilement à se rendre aux avis des habiles gens qu’il
emploie. C’est à ces derniers à ne pas sacrifier leur réputation à
une lâche complaisance. »

à-peu-près égales, ne sont pas de M. Fortin -, mais elles décorent la même façade
d.u Louvre , et dominent l’arc de la croisée du milieu. Au-dessous est un autre
bas-relief , représentant deux enfans, qu’il n’a pas été possible de faire entrer
dans cette planche. Comme nous avons entendu dire que l’artiste se proposait de
faire quelques changemens à ce dernier morceau, nous différons jusqu’alors de
faire mention des deux bas-reliefs, qui sont de la même main.

CO Pingerou , Vus des Architectes célèbres , tome a.
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