Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche soixante-septième. — Le Sommeil de l’Enfant-
Jésus , ou le Silence ; Tableau de la Galerie du Musée,
par Lé Brun.

L’Enfant-Jésus est endormi sur les genoux de sa
mère. La Vierge craignant que le petit S. Jean ne
rompe le silence cju’observe toute la famille , lui fait
signe de ne pas troubler le sommeil de son fils.

Le Brun, avec le génie des grandes et fortes compo-
sitions , a mis rarement dans ses tableaux de chevalet
de la variété , et cette touche légère et piquante qui
en fait le charme. Quoique ses expressions aient de la
noblesse, que son dessin soit correct, son effet gé-
néral bien entendu , il règne dans ce tableau une
certaine monotomie de touche et de coloris qui font
paraître l’artiste inférieur à lui-même, dans un genre
qui exige plus de grâce que de vigueur.

La matière de l’article précédent, où il a été question
de Claude Perrault, nous engage à joindre à celui-ci
quelques observations sur cet architecte , qui de son
temps peut-être fut loué avec exagération, mais que
quelques artistes de nos jours ont semblé prendre à
tâche de déprimer injustement. On ne peut discon-
venir que le triomphe de Perrault, dans l’espèce de
concours qui eut lieu pour la façade du Louvre du côté
de Saint-Germain-l’Auxerrois, sur tout ce qu’il y avait
alors d’artistes habiles , et particulièrement sur le
célèbre Cavalier Bernin , dut assurer sa réputation
comme grand architecte, et que l’exécution aussi hardie
que bien conduite de celte grande idée y mit le sceau
pour jamais. Le péristyle du Louvre achevé fut pro-
clamé un chef-d’œuvre dans toute l’Europe , et la
postérité a confirmé ce jugement des contemporains.
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