Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

Seite: 140
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1807/0212
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( i4c )

La richesse de cette décoration, qui a quelque chose
de théâtral, sa noblesse , son effet imposant, frappent
également le vulgaire et les connaisseurs, et ce que
ces derniers sont en droit d’y blâmer prouve que les
ouvrages des hommes ne peuvent être parfaits, et que
ce qui constitue les chefs-d’œuvre dans tous les genres
n’est pas l’absence des défauts , mais seulement la pré-
sence des beautés du premier ordre, placés par la main
du génie avec cette hardiesse qui commande l’admi-
ration.

Au péristyle du Louvre, les colonnes accouplées sont
un défaut, et non une beauté, comme on l’a prétendu
prouver par des raisonnemens plus subtils que justes ;
le soubassement trop élevé est un autre défaut; la porte
en arc qui occupe le milieu sous le fronton, et sou tient
une masse de pierre énorme où il devrait y avoir un-
vide , est encore un défaut ; et malgré tous ces vices
bien caractérisés , le péristyle du Louvre sera toujours
un chef-d’œuvre ; et le nom de C, Perrault, que les
traits satyriques de Boileau attaquèrent vainement, ne
peut que rappeler un homme supérieur, l’honneur de
son siècle et de son pays.

Le troisième ordre qui a été substitué à l’attique
dans la nouvelle décoration de la cour du Louvre, et
dont M. Gabriel a dirigé l’exécution , sous le règne de
Louis XV, est de l’invention de Perrault, mais les
gens de goût pensent qu’il eût mieux fait de continuer
l’attique de Pierre Lesè’ot.

L. G.
loading ...