Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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Planche soixante-huitième. — Burrhus aux pieds de

Néron ; dessin de M. Chaudet.

Ce dessin, composé pour la magnifique édition du
Racine de M. Didot aîné, offre une des scènes les plus
pathétiques de la tragédie de Britannicus. Nous crojons
ne pouvoir faire un plus grand plaisir à nos lecteurs
que de leur rappeler ici les vers admirables qui ont
inspiré l’artiste.

Néron vient de rassurer Agrippine par la promesse
d’une réconciliation avec Britannicus. Mais Burrhus,
qui survient après la sortie de la princesse, apprend
de la Bouche même de l’Empereur que cette pro-
messe n’est que feinte , et qu’avant la fin du jour
Britannicus aura cessé de vivre.

B II R R H U S.

...» De votre bouclie , ô ciel ! puis-je l’apprendre?

Vous-même, sans frémir,-avez-vous pu l’entendre ?

Songez-vous dans quel sang vous allez vous baigner ?

Néron dans tous les cœurs est-il las de régner ?

Que dira-ton de vous? Quelle est votre pensée?

NÉRON.

Quoi ! toujours enchaîné de ma gloire passe'e,

J’aurai devant les yeux je ne sais quel amour

Que le hasard nous donne et nous ôte en un jour!

Soumis il tous leurs vœux , à mes désirs contraire, .

Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire?

BURRHUS.

Et ne suffit-il pas, seigneur, à vos souhaits,

Que le bonheur public soit un de vos bienfaits ?

C’est à vous à choisir , vous êtes encor maître.

Vertueux jusqu’ici, vous pouvez toujours l’être:

Le chemin est tracé, rieq ne vous retient plus ;

Vous n’avez qu’à marcher de vertus en vertus.

Mais si de vos flatteurs vous suivez la maxime,

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