Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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( J4? )

Planche soixante-douzième. — Dessin de M. Prud’hon.
pour l’édition des Œuvres de Bernard, par MM. Didot.

M. Prud’hon a eu probablement l'intention de rendre
l’épisode d’Agis et de Zélide, conduits, par ordre de
Vénus , dans un réduit mystérieux du temple de la
déesse. Malgré le charme et l’élégance des vers de
Bernard , cette scène toute voluptueuse , qui termine
le troisième chant de l’Art d'Aimer , ne peut être
insérée dans ce recueil, lors même que la gravure qui
la rappelle n’y est pas déplacée , l’artiste ayant traité
son sujet avec cette modestie et cette candeur qui
caractérisent toutes ses productions ; mais nous ne
pouvons résister au plaisir de rappeler ici le début
du chant en question j aucun de nos lecteurs , sans
doute , ne nous en saura mauvais gré.

Venus, ô toi, déesse d’Epicure ,

Ame de tout, qui remplis la nature ,

Qui , mariant tant d’atomes divers ,

D’un nœud durable enchaînes l’univers ;

C’est toi qui vit dans tout ce qui respire ;

Mais c’est dans l’homme où siège ton empire.

Tu descendis au terrestre séjour
Pour l’animer du sympathique amour.

Il est des sens émanés de ta flamme,

Trésors de l’homme , organe de son aine ,

De sa jeunesse aimables enchanteurs,

Et de l’amour rapides inventeurs.

Ces rois de l’homme en ont un qui les guide,

Et sur eux tous c’est l’instinct qui préside.

Sœur de l’instinct, la curiosité
Devant ses pas fit briller sa clarté ,

Leva son voile entr’ouvert à mesure ,

Guida ses pas tournés vers la nature ,

Et par degrés ménageant ses désirs ,

Pour tous les sens trouva tous les plaisirs.

Pour ces plaisirs, qu’on blâme et qu’on adore,
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