Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 14.1807 [Cigognara Nr. 3401-14]

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L’antique erreur a condamné Pandore ,
Lorsqu’apporfant le bonheur en son sein,

Des passions elle enfanta l’essaim.

L’homme, avant elle, et sans ame et sans force,
D’aucun penchant ne connaissait l’amorce;

Séché d’ennuis, de langueurs consumé,

Obscur , rampant , vivait inanimé ;

Réduit, sans voir, sans jouir , sans connaître,

Au froid plaisir de végéter et d’être ;

Par ses trésors que le ciel dispensa ,

L’homme eut un ame, il sentit et pensa.

Mais c’est l’Amour, source heureuse et féconde ,
Qui de ses dons fut le plus cher au monde.

S’il eut alors des succès éclatans ,

Si l’art d’aimer fut le même en tout temps ,

L’art de jouir augmenta d’âge en âge.

Le goût , les mœurs , la culture , l’usage ,

A ses plaisirs prêtèrent mille attraits ;

A Suze, à Rome on sentit ses progrès.

Quel fut l’amour de Tarquin, de Clélie,

Près d’une nuit d’Octave et de Julie ?

Toujours utile aux plaisirs amoureux,

Le luxç a fait le siècle des heureux.

La terre entière , aujourd’hui sa patrie ,

A mis son sceptre aux mains de l’industrie.

Dieu des talens , du travail et des arts ,

Tout vit par lui, tout brille à ses regards.

Mille vaisseaux élancés des deux mondes,

Sont ses autels qui flottent sur les ondes,

Pour apporter, plus prompts que les désirs,

D’un pôle à l’autre , un tribut aux plaisirs.

Il est le dieu des fêtes d’Idalie :

Avec l’Amour ce dieu charmant s’allie,

Dore ses traits, prépare son encens ;

Dans une fête il réveille les sens ,

Sur des coussins il endort la mollesse ,

Son opulence invite à la tendresse ,

Ses dons vainqueurs soumettent la fierté,

Et sa richesse embellit la beauté. . . . etc.

Fin du T’ouïe quatorzième. '
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