Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Planche cinquième. — La Gloire de tous les Saints •

Tableau de la galerie du Musée, par Lanfranc.

Ce tableau, d’une composition mystique, est connu
sous le titre de la Gloire de tous les Saints. Il vient
d’une église de Rome.

L’Eternel, tenant d’une main le globe du monde,
et ayant l’autre ouverte et élevée, est assis sur des
nuages, entre la Vierge Marie et l’archange Michel.
On remarque, près de ce dernier , S. Jean l’Evangé-
liste, et S. Jean-Baptiste à l’autre côté du tableau. Des
groupes d’anges et de chérubins forment une espèce
d’auréole au-dessus de la tête de l’Eternel. Au-dessous
du groupe principal , sont trois Saints en adoration ,
savoir : un Evêque revêtu de ses habits pontificaux,
un Diacre et une Vierge; la palme qu’on aperçoit
auprès d’elle indique qu’elle a reçu la couronne du
martyre.

Cet ouvrage offre les beautés et les défauts qui
distinguent en général les productions de Lanfranc :
de l’abondance , de la facilité, une disposition pitto-
resque , des draperies jetées avec art, un grand effet;
un pinceau fier et léger, un goût de dessin plus grand
que correct, peu d’expression. Ce peintre semble
s’être plus occupé de la partie mécanique de son art,
que de la beauté des formes et de la finesse des carac-
tères. Elève des Caraches , il adopta, pendant un cer-
tain temps , le coloris de ses maîtres; il chercha .en-
suite la manière du Caravage , et tomba dans le noir.
Dans les derniers temps de sa vie, il abandonna l’étude
de la nature , et peignit tout de pratique.

Lanfranc se montra toujours envieux du Domini-
quin, son condisciple ; il chercha toutes les occasions
de le déprécier, et de lui enlever les travaux qui lui
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