Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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étaient confiés. 11 excita contre lui les peintres napo-
litains , dans le temps qu’il peignait à Naples la cou-
pole de la chapelle du Trésor, et lui causa les dis-
grâces et les chagrins qui abrégèrent ses jours. Après
la mort du Dominiquin , Lanfranc fit détruire les ou-
vrages qu’il avait exécutés dans la cathédrale de
Naples, et dont quelques-uns n’étaient pas entière-
ment terminés , pour y substituer les siens. Cepen-
dant les quatre angles de la coupole furent épargnés.

Cette haine constante pour un artiste aussi recom-
mandable par sa douceur et sa modestie que par la
supériorité de ses talens, est une tache à la mémoire
de Lanfranc, qui tenait dans les arts un rang assez
distingué pour voir sans jalousie les succès d’un
autre peintre. D’ailleurs il jouissait d’une grande con-
sidération, vivait d’une manière splendide et libé-
rale , et sa fortune était telle, que les dépenses de sa
maison ne l’empêchèrent pas de laisser une existence
heureuse à ses enfans. Le Dominiquin , au contraire,
autant philosophe qu’artiste , simple dans ses mœurs,
menait une vie retirée, et n’offrait rien dans sa con-
duite particulière qui pût blesser l’amour-propre d’un
ancien compagnon d’étude. Malheureusement cet
exemple d’une injuste envie n’est pas le seul qu’aient
donné des hommes du plus grand talent.
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