Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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blique reconnut leur mérite, et les chargea de peindre
en plusieurs tableaux les principaux traits de la révo-
lution de Venise. Ils obtinrent tous les suffrages , et
les deux frères, qui ne s’étaient pas quittés jusqu’alors,
firent de concert plusieurs ouvrages considérables.
Mahomet, empereur des. Turcs, ayant vu des por-
trait!? et quelques autres tableaux de Jean Bellin,
dont un ambassadeur vénitien lui avait fait présent,
desira connaître l’auteur et le faire travailler; mais les
Vénitiens ne purent se résoudre à se priver d’un aussi
exçéllent artiste, qui d’ailleurs était fort âgé : ils en-
voyèrent à sa place Gentil Bellin, qui, après avoir peint
plusieurs fois le grand-seigneur, fut magnifique-
ment récompensé , et retourna à Venise. Il mourut
dans cette ville en i5oi , âgé de quatre-vingts ans.
Jean ne quitta point ssn pays natal ; il survécut à son
frère, et mourut âgé de quatre-vingt-dix ans.

Jean et Gentil Bellin sont les premiers qui aient pra-
tiqué la peinture à l’huile après van Eicîi, l’auteur de
cette belle invention, dont ils surprirent le secret. Jean
a eu la gloire de donner au Titien les premières leçons
d u coloris.

Le tableau de la Vierge sur son trône est admirable
par la noble simplicité des caractères et la grandiose
de la composition, quoiqu’elle soit symmétrique ; par la
vigueur , la finesse et la transparence du coloris , par
le soin et la pure té de l’exécution.
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