Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Planche vingt-cinquième.— La mort de Sénèque • tableau,
par M. Peyron.

Sénèque, après avoir quelque temps et vainement
lutté contre le génie féroce de Néron et contre les
sinistres conseils de Poppée et de Tigellin , voyant
enfin que ses avis n’étaient plus écoutés, demanda sa
retraite à l'empereur, et offrit de lui rendre les im-
menses richesses qu’il devait à sa munificence : Né-
ron refusa l’un et l’autre. Mais Sénèque changea tota-
lement la vie qu’il menait depuis sa grande faveur • il
renvoya cette cour qui remplissait sa maison; il ne
souffrit plus de cortège, sortant peu , et prétextant
toujours des maladies ou des études pour se renfermer
chez lui.

« Ce fut alors qu’il se montra vraiment philosophe.
« Il composa dans la retraite la plus grande partie des
« ouvrages que nous possédons. On lui avait repro-
« ché son énorme fortune, ses possessions immenses ,
« la beauté de ses jardins, le luxe et la magnificence
« de ses maisons; il fit mieux que tout rendre, il
« se détacha de tout sans effort et sans affectation.
« Je ne défends pas d'avoir des richesses , dit-il dans ses
« lettres, mais je veux qu’on soit au-dessus d’elles,
« qu’on les possède sans crainte de les perdre, qu’on
« sache se dérober à sa fortune , se familiariser avec la
« privation, entrer en correspondance avec la pauvreté,
« s’y préparer. Sa conduite fut d’accord avec ses prin-
« cipes ; le propriétaire d’un capital de plus de qua-
« rante millions se trouva le seul dans Rome qui

« donnât encore personnellement l’exemple de lasim-

« plicité , de la frugalité, et même de l’austérité des
« mœurs anciennes. La dépouille d’un pareil homme
« devait finir par tenter l’avidité des ministres de
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