Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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plaisent à l'œil, et font toujours un bon effet en
architecture , parce que les membres et les profils
s’y détachent avec plus de pureté, et peut-être
aussi parce que l’idée de solidité qui est celle que
l’esprit recherche avant tout, s’y trouve portée par-
la au plus haut degré.

Ce qu’on vient de dire peut rendre raison du
bon effet que produit un assez grand nombre des
barrières de M. Ledoux, Libre de projeter à vo-
lonté dans ces compositions , il a pu n’y chercher
que ce qui était capable de plaire, et il l’a souvent
rencontré.

Toutefois cet exemple , unique peut-être en son
genre, de bâtimens presqn’indépendans de gênes et
de sujétions qu’éprouve ordinairement l’architec-
1 tire, ne doit pas inspirer aux artistes le désir de
le voir fréquemment se renouveler. Cette liberté- est
peut-être moins profitable qu’on ne pense. Le vrai,
mérite de l’art consiste plus qu’on lie saurait le
dire, à vaincre les difficultés que la société lui
oppose, et l’on éprouve dans les ouvrages d’autant
plus de plaisir qu’on en attendait moins.

Si les édifices ne devaient être que des jeux de
l’art de bâtir, où l’architecte ne s’exercerait qu’à
imaginer, à combiner , et à varier des masses et dest
lignes , sans porter le joug d’aucune .convenance ,
d’aucune sujétion, d’aucun rapport nécessaire, il est
probable que ce simple badinage de l’esprit deviendrait
bientôt fastidieux. Il est à croire encore que très-
promptement le caprice et la bizarrerie viendraient
s’emparer de toutes les compositions. Sous ce rap-
port , les barrières de M. Ledoux seraient l’objet
d'une théorie fort peu développée jusqu’à présent,
et dont les conséquences pourrraient n’être pas sans
utilité. Q. d. Q.
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