Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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« temps-là, tout ce qui n’était point or paraissait ne
« mériter aucune estime.

« Charles-Quint entraîna la nation espagnole dans
« de nouvelles guerres . et sa valeur et son exemple
« inspirèrent à son peuple le désir de la gloire inili-
« taire et l’amour des combats , si contraires au calme
« et à la tranquillité que demandent les arts. Philippe
« II, d' un caractère opposé à celui de son père , se
« déclara leur protecteur. Il ordonna le magnifique
.« palais de l’Escurial, et récompensa généreusement
« les artistes. Mais comme ce prince n’avait pu chan—
« ger les mœurs de ses sujets, ni la constitution de
« l’état, l’amour des arts resta concentré dans sa per-
« sonne, sans qu’il pût le communiquer à la noblesse
« même, qui continua de s’occuper des armes et des
« richesses du nouveau monde. Comme d’ailleurs l’Es-
« curial est placé au milieu d’un désert. peu de pér-
il sonnes voulaient s’y rendre pour le voir, et le mal-
« heur voulut que lorsque les Espagnols commencèrent
« enfin à cultiver les arts, et allèrent en chercher les
« traces en Italie, le bon goût s’était déjà perdu dans
« ce pays ; de sorte qu’ils ne rapportèrent chez eux
« qu’un goût corrompu et dépravé.

h A cette époque néanmoins les Espagnols s’adon-
« nèrent au dessin ; il se forma même à Séville une
« école de peinture, mais qui ne fut ni instituée ni
« protégée par le gouvernement, et dont le collège
« de commerce fut le seul protecteur 3 ce qu’on doit à
« l’opulence qui régnait alors dans cette ville, qui
« fournit aux gens de l’art les moyens de s’occuper
« avantageusement. »

( La suite à un article prochain. )
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