Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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« perfection ; ils étaient néanmoins bien loin encore
« d’en connaître seulement la partie la plus noble ; ils
« s’appliquèrent à suivre la vérité, sans songer à la
« beau té j et ils ignoraient également la supériorité
« de l’école d’Italie, laquelle venait d’être de nouveau
« ressuscitée par les Caraches, lorsque ce pays com~
« mença à sortir un peu de l’état malheureux où l’a-
« vaient plongé les guerres de Charlemagne et de
« François Ier.

« Philippe IV honora beaucoup la peinture dans la
« personne de don Diègue Vélasquez; mais ce prince
•« ne prit pas la bonne route pour porter cet art à sa
« perfection. Il fît bien, à la vérité, modeler à Rome
« quelques-unes des meilleures statues antiques, mais
« elles restèrent toutes ensevelies dans son palais de
« Madrid, où personne ne pouvait les voir pour les
« étudier. Charles II songea à faire exécuter de grands
« ouvrages de peinture, tant dans le palais de l’Escu-
« rial qu’à Madrid; mais comme parmi ses sujets ii
« n’y en avait aucun qui sut peindre à fresque, parca
« qu’ils s’étaient toujours bornés à l’imitation de la
« nature , le monarque fut obligé de faire venir
« d’Italie Lucas Giordano. Les éloges et les grandes
« récompenses que reçut ce peintre napolitain , joints
« à l’admiration qu’inspira sa manière d’opérer, en-
« gagèrent plusieurs Espagnols à suivre sa méthode;
« mais comme Giordano devait son talent à une grande
u pratique, et à une imitation raisonné des meilleurs
« maîtres des différentes écoles d’Italie, les Espagnols,
« qui étaient privés de ces moyens, ne'purentparvenir
« à leur but. Ce qui néanmoins nuisit le plus à leurs
« progrès, c’est qu’en cherchant à imiter Giordano, ils
« cessèrent d’étudier la nature, ainsi qu’ils l’avaient
« pratiqué jusqu’lors, sans atteindre au bon goût ni à
« la beauté, qui restèrent enfermés dans l’Italie. »

( La suite au prochain article. )
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