Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Planche trente-cinquième. — La statue de Nicolas
Poussin, par Julien.

Cette statue en marbre, de six pieds de proportion,
est placée dans la salie des séances de l’Institut. Elle
passe pour un des meilleurs ouvragés d’un artiste tpi
n’eu a produit aucun cpi ne fasse honneur à la sculp-
ture française.

M. Lebreton, secrétaire perpétuel de la classe des
beaux-arts de l’Institut , prononça , dans une séance
publique., l’éloge de cet excellen t'statu aire, mort à la
fin de décembre 1804, dans sa soixante-quatorzième
année. Nous désirerions pouvoir rapporter en entier ce
discours , qui fut vivement applaudi; les bornes de cet
article nous forcent de nous restreindre au passage sui-
vant , qui a un rapport direct avec le sujet de la planche.

«M. Julien s’était chargé de la statue du Poussin;
« mais les circonstances, loin d’exciter à d’autres tra-
« vaux, paralysant quelquefois ceux qui étaient com-
« mencés , il exécuta lentement cet ouvrage , qu’il
« s’habitua à regarder comme son dernier. Il se bor-
« nait à desirer de vivre assez pour le finir. La nature
« ne lui accorda guère plus : il mourut trois mois
« après l’avoir exposé au Louvre.

« Ce sujet présentait deux grandes difficultés : l’une ,
« qui désole tous les statuaires , est -la sécheresse du
«costume moderne; l’autre était la ressemblance
« exacte des traits du Poussin, pour laquelle il s’était
« déterminé après quelque hésitation. Il renonçait
« par là à l’idéal, par lequel on peut presqne divi-
« uiser la nature humaine, et au moyen duquel on
« l’ennoblit à volonté. Il échappa au premier obstacle
« par une fiction probable. Il a supposé que le Poussin,
« établi à Rome depuis long-temps, en a pris toutes-
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