Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Flanche quarante-cinquième. — Le Concert de famille •

Tableau de la Galerie du Musée j par Jacques

Jordaëns.

Une famille de gens du peuple, après avoir goûté
le plaisir de la table, forme un concert que l’on doit
présumer peu harmonieux, à en juger d’après l’âge
des convives. Une réunion d’un vieillard et de sa
femme, de leurs enfans et petits-enfans , dont les
plus jeunes jouent du flageolet, ne peut produire
qu’une musique très-discordante. Les figures de ce
tableau sont de grandeur naturelle.

Les sujets du genre de celui-ci conviennent beau-
coup mieux au génie de Jordaëns que les sujets his-
toriques , où ce peintre n’offre jamais qu’un dessin
lourd et des caractères ignobles. Ces ^défauts , loin
de paraître déplacés dans une scène triviale , en
rendent l’expression plus naturelle. Au surplus, Jor-
daëns a mis dans tous ses tableaux , de quelque
genre qu’ils soient, une vigueur d’effet, une vérité
de coloris, une énergie de pinceau qui suffisent pour
assurer à cet artiste un rang très-distingué.

Rubens avait pour Jordaëns, son élève , une estime
et une affection particulières. Il chercha à le produire,
et lui confia quelques travaux, entre autres des cartons
en détrempe , destinés au roi d’Espagne, pour être
exécutés en tapisserie , et dont Rubens avait donné les
esquisses.

Quoique les ouvrages de Jordaëns ne fussent pas
aussi bien payés que ceux de Rubens , sa fortune
fut assez considérable. ÜNé avec l’amour du travail,
une forte santé , une facilité prodigieuse, il produisit
un si grand nombre de tableaux, qu’il gagnait presque
autant que son maître. Ou peut donner ce titre à celui
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