Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

Seite: 89
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1807a/0145
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
C 89 )

Planche quarante-septième. — Herminie chez les Ber-
gers, Tableau de la Galerie du Musée; par Valentin.

L’amante de Tancrède voulant pénétrer jusqu’à
la tente de ce guerrier, dans le camp de Godefroy,
est poursuivie par Alcandre et Poliplierne. Ils l’ont
prise pour Clorinde, dont elle a revêtu l’armure. Her-
minie s’égare dans sa fuite, et arrive dans un lieu
solitaire liabité par des bergers.

Ce sujet, emprunté du Tasse, est rendu par le
peintre avec une grande vigueur de ton et de relief;
mais Valentin n’avait ni l’élégance, ni la noblesse de
style , ni la grâce d’expression, ni la suavité de coloris
nécessaires pour un tableau de ce genre. Accoutumé
à donner à tous ses ouvrages un effet trop prononcé
et un caractère uniforme, il n’a point senti cette ex-
pression à-la-fois tendre et héroïque du chantre de
la Jérusalem délivrée; et l’aspect du tableau, malgré
tout son méri te, n’inspire rien moins que ce sen-
timent noble et délicat que l’on éprouve à la lecture
du poème, ou même d’une simple traduction.

<• Elle ( Herminie) fuit toute la nuit; tout le jour
« elle erre sans conseil et sans guide : elle ne voit que
« ses larmes, elle n’entend que ses cris : enfin, au mo-
« ment où le soleil dételle ses coursiers et se plonge
« dans l’Océan, elle arrive sur les bords du Jour-
« dain , met pied à terre, et se couche sur le sable.

« Elle ne se repaît que de ses maux, elle n’a soif
« que de ses larmes ; mais le sommeil, ce doux con-
« solateur des humains, qui leur apporte le repos et
« l’oubli de leurs peines , vient assoupir ses sens ,
« et la couvre de ses ailes bienfaisantes. Cependant
« l’amour, sous mille formes différentes, trouble en-
« core la paix de son cœur.

i5. 23.-
loading ...