Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Planche cinquante - unième. — S. Jean l'Evangéliste ;

Tableau de la Galerie du Musée, par Valentin.

Cette figure, de grandeur naturelle, est admirable
sous le rapport du coloris, de l’effet et de la beauté
de la touche; mais l’artiste s’est borné à copier son
modèle, qui ne lui a offert ni grâce, ni noblesse, ni
grandeur d’expression. Cette observation peut s’ap-
pliquer généralement à tous les ouvrages de Valentin.

Fin de la notice sur Bon Boullongne.

D’Angeville, dans son abrégé de la vie des plus
fameux peintres, rapporte un trait dont il a été té-
moin , et qui prouve avec quel art Bon Boullongne
savait varier sa manière et saisir celle des autres
artistes.

« Ce peintre, dit-il, dessinait aussi bien qu’il com-
« posait; aussi bon coloriste dans l’histoire que dans
« le portrait, il possédait le talent particulier d’imiter
« les anciens maîtres , ce que les Italiens appelent
« pastici. On m’apporta un jour un tableau du Poussin
« à vendre ; le prix modique qu’on en demandait me
« fit soupçonner quelque supercherie. Je fis voir ce
« tableau à de bons connaisseurs , à des gens même du
« métier, tous le réputèrent original. Peu satisfait de
« ces jugemens, j’allai voir Boullongne ; je lui parlai
■< du tableau ; il me dit qu’il le connaissait, et me
« demanda si je le trouvais beâu ; il m’avoua ensuite
« qu’il en était l’au teur.

« Une pareille aventure lui était arrivée avec Pierre
«Mignard, premier peintre du roi : un tableau de
« sa main, dans le goût du Guide , fut emballé et
« présenté à soir altesse royale Monsieur, frère de
« Louis XIV, comme si le tableau arrivait de Rome ■
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