Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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( loi )

Planche cinquante-troisième. -— Socrate arrachant Alci-
biade du sein des voluptés ; Tableau par M. Peyron.

On ne trouve dans la vie d’Alcibiade aucun trait
qui motive bien positivement la composition de
ce tableau ; mais le peintre a cru pouvoir mettre
en action un passage de l’histoire d’Alcibiade , et
supposer que Socrate, voulant ramener son élève à
des principes de vertu, allait le chercher jusque dans
des lieux de débauche où l’entraînaient de faux amis.
ÜNous rappelons ce passage pour l’intelligence du
sujet.

« Socrate, encor qu’il eust plusieurs grands et puis-
« sans adversaires , arrestoit aucunefois Alcibiades ,
« par le moyen de beaux discours et bonnes renions
« trances qu’il luy faisoit, dont les raisons lui tou-
« choient le cueur au vif, et l’émouvoient jusques à
« luy faire venir les larmes aux yeux : mais quelquefois
« aussi se laissant aller aux alléchemens des flatteurs
« qui lui subministroient tous plaisirs et toutes vo-
■i luptez , il eschappoit à Socrates , et falloit qu’il cou-
« rust après pour le reprendre comme un esclave qui
« s’en seroit fouy de la maison de son maistre ; car
« il n’y avoit que celuy-là seul qu’il craignist, et au-
« quel il portast révérence, mesprisant tous les autres
« au demourant.... Aussi estant Alcibiades enflé de
« vanité et présumptueuse opinion de soy, toutes et
« quan tes fois que Socrates venoit à le prendre, il le
« resserroit par ses remontrances, et le rengeoit de
« sorte, qu’il le rendoit bas et humble, quand il venoit
«à recognoistre combien de choses lui desfailloient,

« et combien il estoitloing de la vraye vertu. » ( Plu-
u tarque, traduction d’Amyot. )

Les figures de cet agréable tableau sont de pro-
s5. ab.
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