Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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Planche cinquante — cinquième. — La Décolation de
S. Christophe ; Tableau de la Galerie du Musée,
par Leonello Spada.

Yictime de la sanglante persécution de Dèce contre
les Chrétiens , S. Christophe eut la tête tranchée
l’an a5o. Il faut croire qu’il était d’une taille extraor-
dinaire , car il est toujours représenté d’une sta-
ture colossale. On le plaçait le plus souvent au portail
des cathédrales ou à l’entrée des églises , afin qu’il
fût vu de chacun ; car dans les siècles d’ignorance
on croyait ne pouvoir mourir subitement ni par
accident, quand on avait vu une image de ce saint.
Son nom, en grec, signifie porte-christ, et c’est sans
doute pour cette raison que les artistes ont placé
l’Enfant-Jésus sur ses épaules.

On a détruit, il y a environ vingt ans, une énorme
statue de S. Christophe , attenant à l’un des piliers
de l’église Notre-Dame de Paris. Ce colosse, exé-
cuté sans goût, défigurait la nef. Antoine des Essars ,
qui avait manqué de subir le sort de Pierre des Essars,
son frère, décapité en i4i3, pour crime de conspi-
ration , avait fait placer cet ex-voto, en actions ds
grâce de sa délivrance.

On voit à Séville un tableau de Perez de Alezio,-
représentant S. Christophe. Il est d’une proportion
immense. Les jambes ont, dans leur plus fort dia-
mètre , une aune de largeur. La grandeur de cette fi-
gure est son moindre mérite. On y reconnaît la main
d’un peintre habile , la correction, l’élégance et le
sublime de la pensée de Michel-Ange, dont Perez
de Alezio avait été l’élève. Ce peintre, né à Rome,
s’était particulièrement attaché à la manière de son
maître. Il pissa quelque temps en Espagne, où il fit
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