Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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« a-t-elle changé mes traits ? Regarde, tu me verras,
« mais tu ne trouveras plus qu’une ombre à la place
« de tou époux. Tes vœux, Halcyone, ne m’ont été
« d’aucun secours : je ne suis plus ; cesse d’espérer
« que je te serai rendu. Le nébuleux Auster attaquant
« mon navire au milieu des mers, l’agitant de son
«souffle terrible, l’a brisé et l’a précipité sous les
« flots. Les ondes ont rempli ma bouche, appelant
« vainement ton nom.

« Ce n’est point un être douteux qui t’annonce ces
«funestes aventures; tu ne les apprends pas par les
« récits vagues de la renommée; c’est moi-même qui
« viens, après mon naufrage , t’instruire de mes des-
sins. Eveille-toi, lève-toi, donne-moi des larmes,
u revêts tes robes de deuil, et ne me laisse pas des-
cendre dans le Tartare sans avoir été pleuré.

« Morphée ajoute à ces mots un son de voix quTIal-
« cyone croit être celui de son époux; il paraissait
« répandre des pleurs véritables : ses mains avaient
« les gestes deCeyx.... » ( Métamorph. d’Ovide, hvt Xl,
fable XVII. )

Instruite par ce songe sinistre, Ilalcyone se lève,
sort du palais et court au rivage ; bientôt les flots
amènent près d’elle un corps quelle reconnaît pour
être celui de Ceyx. Elle se précipite sur lui, et ex-
pire de douleur. Les dieux, pour récompenser la fidé-
lité de ces deux époux , les métamorphosèrent en
oiseaux qu’on appelle Alcyons.

Ce tableau, dont les figures ont environ 5 pieds et
demi de proportion , a été vu avec intérêt au dernier
salon. On y trouve une étude soignée de la nature,
un ton solide , une grande fermeté de pinceau et
d’effet, mais trop peu d’idéal dans le dessin et dans
l’expression.
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