Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 15.1807 [Cicognara Nr. 3401-15]

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( M )

«soudain la terre s’agite, la mer profonde frémit;
« entraînant avec lui des tourbillons de poussière, cou-
« vert d’un brouillard qu’il vient d’exciter, il embrasse
« la tremblante Orithye , s’élève sur ses ailes, et vole.
« Les nuages, pressés plus fortement, brûlent de feux
,« plus vifs.

« Le ravisseur ne ralentit point sa course qu’il ne
'■« soit arrivé parmi les Thraces, où il règne : c’est dans
> ce pays qu’Orithye devint épouse et mère, etc. »

Le groupe de Borée , commandé par Louis XIY
pour décorer le jardin des Tuileries, fut commencé
par Gaspard Marsy et terminé par Anselme Flamen ,
son élève. Le style n’en est pas très-sévère, mais il
ne manque pas de noblesse; le jet en est poétique;
le dessin en est correct, ample et coulant. L’exécu-
tion , sur-tout, a ce moëlleux si nécessaire à la scul-
pture pour offrir un aspect agréable. Malgré l’o-
pinion de quelques détracteurs de la sculpture du
siècle de Louis XIY, les statuaires de ce temps ont
au moins sur la plupart de ceux de nos jours , ce
dernier avantage qu’on ne peut leur disputer. Combien
d’artistes aujourd’hui, croient se rapprocher de l’an-
tique en affectant la roideur des mouvemens, la sé-
cheresse des contours, la mesquinerie des détails. Ils
se méprennent, et semblent chercher leurs modèles
dans les fragmens de la sculpture romaine au temps
de sa décadence, plutôt que dans les chefs-d’œuvre
de l’art des Grecs , dont les restes précieux sont par-
venus jusqu’à nous.

Nous aurons occasion de parler dans un autre ar-
ticle , de Gaspard Marsy et de son frère , également
recommandables par leurs talens et par l’union mu-
tuelle avec laquelle ils exécutèrent ensemble un grand
nombre de travaux.
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