Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche quinzième. — Scène érotique ; Dessin de
M. Prud’hon.

Cette composition, moitié pastorale,moitié allégo-
rique , est du genre de celles où M. Prud’hon a le talent
de mettre toujours de la grâce, de la naïveté, de la
douceur. Le sujet a été puisé dans les vers suivans.

Toi qui n’as pu, de Delphire amoureux,

De ses faveurs trouver l’instant heureux ,

Viens l’e'garer au fond de ce bocage :

Ces bois sont faits pour sa pudeur sauvage.

Là , par degrés , dévoile tes amours ;

Dis qu’elle est belle , en l’égarant toujours.

Elle t’évite , et pourtant se hasarde ,

Fuit, mais revient; fuit encor, mais regarde.

Suis , ne crains rien : cette ombre , ce séjour,

Cette horreur même , encouragent l’amour.

De ce gazon la fraîcheur vous attire ;

J’y vois la place où va tomber Delphire.

Achève, éprouve un instant de courroux ;

Meurs à ses pieds , embrasse ses genoux ,

Baigne de pleurs cette main qu’elle oublie :

Elle rougit ; c’est sa fierté qui plie.

Elle se tait, l’amour parle, crois-moi,

Presse , ose tout, et Delphire est à toi.

( L’Art d’aimer, chant II. )

iG.

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