Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche dix-septième. — Vénus et Adonis, Dessin de
la composition de M. Gérard.

Aux monts idaliens un bois délicieux
De ses arbres chenus semble toucher les deux.

Sous ces ombrages verts loge la solitude.

Là le jeune Adonis, exempt d’inquiétude ,

Loin du bruit des cités, s’exerçait à chasser,

Ne croyant pas qu’Amour pût jamais l’y blessera;

Paplios sur ses autels le voit presque élever,

Et le cœur de Vénus ne sait où se sauver.

L’image du héros, qu’elle a toujours présente,

Verse au fond de son ame une ardeur violente :
Elle invoque son fils , elle implore ses traits,

Et tâche d’assembler tout ce qu’elle a d’attraits.

Jamais on ne lui vit un tel dessein de plaire;

Rien ne lui semble bien, les Grâces ont beau faire*
Enfin, s’accompagnant des plus discrets Amours,

Aux monts idaliens elle dresse son cours.

Son char, qui trace en l’air de longs traits de lumière,
A bientôt achevé l’amoureuse carrière*

Elle trouve Adonis près des bords d’un ruisseau;
Couché sur des gazons, il rêve, au bruit de l’eau.

Il ne voit presque pas l’onde qu’il considère :

Mais l’éclat des beaux yeux qu’on adore en Cythère
L’a bientôt retiré d’un penser si profond.

Cet objet le surprend , l’étonne et le confond;

Il admire les traits de la fille de l’onde.

Un long tissu de fleurs, ornant sa tresse blonde,

Avait abandonné ses cheveux aux zéphyrs;

Son écharpe, qui vole au gré de leurs soupirs,

Laisse voir les trésors de sa gorge d’albâtre.

Jadis en cet état, Mars en fut idolâtre,

16.

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