Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Quand aux champs de l’Olympe on célébra des jeux
Pour les Titans défaits par son bras valeureux.

Rien ne manque à Vénus, ni les lis , ni les roses,
Ni le mélange exquis des plus aimables choses,

Ni ce charme secret dont l’œil est enchanté ,

Ni la grâce, plus belle encor que la beauté.

Tandis que le héros admire Cythéic'e,

Elle rend par ces mots son arae rassurée :

Trop aimable mortel ne crains point mon aspect ;

Que de la part d’Amour rien ne te soit suspect :

En ces lieux écartés c’est lui seul qui m’amène.

Le ciel est ma patrie , et Paphos mon domaine :

Je les quitte pour toi ; vois si tu veux m’aimer.

Le transport d’Adonis ne se peut exprimer.

O dieux ! s’écria-t-il, n’est-ce point quelque songe ?

Puis-je embrasser l’erreur où ce discours me plonge ?
Charmante déité, vous dois-je ajouter foi ?

Quoi ! vous quittez les cieux, et les quittez pour moi !

Il me serait permis d’aimer une immortelle !

Amour rend ses sujets tous égaux , lui dit-elle ;

La beauté, dont les traits même aux dieux sont si doux ,

Est quelque chose encor de plus divin que nous.

Nous aimons, nous aimons, ainsi que toute chose :

Le pouvoir de mon fils de moi-même dispose :

Tout est né pour aimer. Ainsi parle Vénus ;

Et ses yeux éloquens en disent beaucoup plus....

(Adonis, poè'me de La Fontaine.)

M. Gérard n’a rien omis de ce qui pouvait rendre
l’idée du poète. Il a mis dans sa composition cette
grâce et cette finesse qui caractérisent particulière-
ment ses ouvrages. Ce charmant dessin a été précé-
demment gravé par M. Mathieu, et lui a fourni le mo-
tif d’une estampe finie, d’un burin moëlleux et léger.
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