Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche vingt—unième. — Proserpine enlevée par Pluton.

Tableau de la Galerie du Musée, par Charles de la

Fosse.

Le peintre, en traitant ce sujet, n’a pas choisi le
moment où le dieu des enfers (que Cupidon, à la
prière de Vénus, avait blessé d’une de ses flèches),
aperçoit Proserpine cueillant des fleurs, en devient
aussitôt amoureux, et l’enlève ; il a pris l’instant où la
nymphe Cyane s’oppose au passage du ravisseur, et
veut que Proserpine soit rendue à sa mère.

«Non loin de la ville d’Henna, se trouve un lac
« profond appelé Pergus. Le Caystre n’entend pas plus
« de cygnes chanter sur ses ondes dormantes, que ce
« lac.Des arbres l’entourent de tous côtés, couronnent
« ses flots , et, comme un voile, arrêtent avec leurs ra-
« meaux touffus les rayons du soleil. L’ombre y retient
« la fraîcheur ; la terre qu’il baigne s’émaille de mille
« fleurs, et le printemps y règne toujours.

« Proserpine errait dans cette forêt, elle y ramas-
« sait des lis ou des violettes , et se livrant à des jeux
« innocens , elle en parait son sein, en remplissait des
« corbeilles, et disputait avec ses compagnes à qui
« cueillerait les plus belles fleurs.

« Le dieu des morts la voit à peine, qu’il l’aime et
« qu’il l’enlève en même temps, tant son amour a déjà
« fait de progrès.La jeune déesse, épouvantée, appelle
« d’une voix triste sa mère , ses compagnes, mais plus
« souvent sa mère. Sa robe se déchire vers son sein ,
« les fleurs qu’elle vient d’y placer, tombent ; et telle
« est la simplicité inséparable de son âge, que ce tte perte
« excite aussi ses regrets. Le ravisseur cependant s’é-
« loigne avec toute la vitesse de son char; il anime ses
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