Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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père , qui n’était qu’un simple artisan , lui trouva une
passion si violente pour la peinture, qu’il n’épargna
aucun sacrifice pour le seconder. Il mit son fils
sous la discipline d’Ofienback bon peintre et bon des-
sinateur } mais l’élève ne tarda pas à surpassser le
maître ; et voyant que l’Allemagne ne pouvait lui
offrir aucun moyen de perfectionner son art, il se ren-
dit en Italie. A l’aide d’un travail assidu et du goût
exquis qui lui était naturel, il fit des progrès rapides.

Elsheimer n’a guère fait que de petits tableaux ; ils
sont d’un fini précieux, et d’un coloris plein devigueur:
l’effet en est piquant, le clair-obscur y est ménagé
avec intelligence, la touche en est gracieuse et spiri-
tuelle , et les figures ont beaucoup de vérité et d’ex-
pression.

Elsheimer ne jouit pas du bien-être qu’aurait dû
lui procurer son talent. Comme il mettait beaucoup
de soin et de temps à ses tableaux, il n’en a pas
produit un grand nombre ; et quoiqu’ils lui fussent
bien payés , il était loin d’en recevoir le prix qu’ils
se vendent aujourd’hui; aussi vécut-il toujours dans
un état misérable. Il avait épousé à Rome une femme
jolie, mais sans fortune. Chargé d’un grand nombre
d’enfans, il était hors d’état de les faire subsister,
et voyait chaque jour accroître ses dettes. Il reçut
du pape quelques secours insuffisans , et ses créan-
ciers le firent mettre en prison. Des amis l’en reti-
rèrent , mais son sort n’en fut pas meilleur. Le cha-
grin s’empara de lui , et peu de temps après il mourut
à Rome, en 1620, âgé de quarante-six ans.
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