Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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tisfaire à cette transaction le plutôt possible : alors
Rubens ayant réfléchi sur ce mot Christopharus, qui,
selon son étymologie grecque , signifie portant le Christ,
se souvint que l’Écriture sainte fait mention de plu-
sieurs portant le Christ, c’est pourquoi il adopta, par
de saintes allégories, l’exécution de son projet, en don-
nantaux arquebusiers, non pas un seul, mais plusieurs
Christophes, et il l’établit de la manière suivante.

« Il représente, dans le grand panneau, le Christ
qu’on descend de la croix. Plusieurs personnages , qui,
par le moyen des échelles, détachent le Christ du haut
de la croix, emploient un linceul pour mieux soute-
nir le poids du sacré corps 5 au bas , d’autres prêtent
leurs épaules et leurs mains : ainsi tous ceux qui sont
en action sont autant de porte Christ ou Christophes.

« En second lieu, il se servit du volet gauche pour
y placer une allégorie dans le même sens, par la
sainte Vierge Marie enceinte , rendant visite à sa cou-
sine Elisabeth.

«Il plaça sur le volet droit le prêtre Siméon, por-
tant le jeune Christ sur ses bras , lorsqu’il fut présenté
au temple par la Sainte-Vierge et S. Joseph , de ma-
nière que par ces saintes allégories , il trouva de quoi
former des Christophes, et étaler ses ingénieuses idées
et les fruits de ses études sur l'histoire sacrée.^

« Quand ce grand ouvrage fut achevé , le peintre
fit avertir les arquebusiers -, mais à peine furent-
ils entrés dans l’atelier du peintre , qu’ils jetèrent
les yeux sur tous les tableaux qui se présentèrent,
et n’y voyant pas leur patron dans la représentation
qu’ils s’étaient imaginée, ils demandèrent avec emphase
à Rubens : Monsieur., où est donc notre Christophe?

( La suite à l'article ci-après. )
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