Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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C Si )

Planche vingt-neuvième. — La Vierge confie l'Enfant-

Jésus à S. François ci’Assise; Tableau de la Galerie

du Musée, par R.ubens.

Ce sujet mystique est du trop grand nombre de
ceux pour lesquels un artiste est obligé, s’il veut
contenter le donataire, de blesser les plus strictes con-
venances. Heureusement ces fautes ne tirent point à
conséquence ; et dans ces sortes d’occasions,le peintre
a du moins la possibilité de faire briller son talent,
soit dans le dessin, soit dans le coloris ; car, de quelque
importance que soit la pensée ou la conception du
sujet, c’est toujours l’exécution, l’exécution seule ,qui
constitue un ouvrage de l’art. Le sujet le plus noble,
le plus pathétique, le mieux conçu, tel que peut
l’imaginer tout homme de savoir et de goût, sera im-
pitoyablement mis au rebut s’il est exécuté par un
peintre inepte, lorsqu’au contraire un tableau dont la
pensée est commune et même insignifiante ne laissera
pas d’être estimé et considéré comme une belle pro-
duction de l’art.

Nous ne faisons ici cette remarque que parce qu’un
système opposé à l’opinion générale a semblé préva-
loir il y a quelques années dans certaine école. Com-
bien n’a-t-on pas vu d’élèves qui, étant entrés in-
considérément dans la carrière des arts , et ne pou-
vant en acquérir la pratique, affectent de la mépriser,
de dédaigner tout ce qui conduit au but, et de n’es-
timer que ce qu’ils appellent pompeusement la pensée :
comme si ce don de penser ou de créer un sujet
n’était pas commun à ceux à qui la pratique des
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