Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche trente-troisième. — Britannicus aux pieds de
Junie, d’après le dessin de M. Cliaudet.

Junie vient dire à Britannicus de fuir le courroux
de Néron. Le jeune prince, moins occupé du danger
qui le menace, que surpris de la froideur que Junie
lui a montrée dans le dernier entretien qu’il a eu
avec elle, lui en fait des reproches, et lui témoigne
des soupçons.

JUNIE.

Dans un temps plus heureux, ma juste impatience
Vous ferait repentir de votre défiance ;

Mais Néron vous menace; en ce pressant danger,

Seigneur, j’ai d’autres soins que de vous affliger.

Allez, rassurez-vous, et cessez de vous plaindre J
Néron nous écoutait, et m’ordonnait de feindre.

BRITANNICUS.

Quoi ! le cruel., . .

JUNIE.

Témoin de tout notre entretien,

D’un visage sévère examinait le mien,

Prêt à faire sur vous éclater la vengeance
D’un geste confident de notre intelligence.

BRITANNICUS.

Néron nous écoutait, madame! mais, hélas!

Vos yeux auraient pu feindre et ne m’abuser pas:

Ils pouvaient me nommer l’auteur de cet outrage.

L’amour est-il muet, ou n’a-t-il qu’un langage?

De quel trouble un regard pouvait me préserver!

Il fallait. . .

JUNIE.

Il fallait me taire et vous sauver.

Combien de fois, hélas ! puisqu’il faut vous le dire ,

Mon cœur de son désordre allait-il vous instruire !

De combien de soupirs interrompant le cours
Ai-je évité vos yeux, que je cherchais toujours!

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