Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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C 7° )

Quel tourment de se taire en voyant ce qu’on aime ,

De l’entendre gémir, de l’affliger soi-même ,

Lorsque par un regard on peut le consoler !

Mais quels pleurs ce regard aurait-il fait couler!

Ah! dans ce souvenir, inquiète, troublée,

Je ne me sentais pas assez dissimulée:

De mon front effrayé je craignais la pâleur ;

.7e trouvais mes regards trop pleins de ma douleur;

Sans cesse il me semblait que Néron en colère
Me venait reprocher trop de soin de vous plaire :

Je craignais mon amour vainement renfermé ,

Enfin j’aurais voulu n’avoir jamais aimé.

Hélas! pour son bonheur, seigneur , et pour le nôtre ,

Il n’est que trop instruit de mon cœur et du vôtre.

Allez, encore un coup, cachez-vous à ses yeux.

Mon cœur plus à loisir vous éclaircira mieux.

De mille autres secrets j’aurais compte à vous rendre.
BRITANNICUS.

Ah! n’en voilà que trop; c’est trop me faire entendre,
Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés.

Et savez-vous pour moi tout ce que vous quittez?

( Se jetant aux pieds de Junie. )

Quand pourrai-je à vos pieds expier ce reproche?
j u N I E.

Que faites-vous? hélas! votre rival s’approche!

NÉRON.

Prince, continuez des transports si charmans.

Je connais vos bontés par ses remerciemens,

Madame; à vos genoux je viens de le surprendre.

( Britannicus, acte III. )

Au talent de produire de beaux ouvrages en scul-
ture, M. Chaudet joint celui de composer des dessins
agréables et du meilleur style. Tous ceux de la
tragédie de Britannicus, édition de Didot, sont de sa

main.
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