Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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n’avait alors que vingt ans. Il peignit plusieurs pièces
au plafond de la chapelle de Versailles, et fit un grand
nombre de tableaux pour des tapisseries , dont les
sujets sont tirés de l’écriture sainte.

Sa réputation s’étant répandue en Angleterre, on lui
fit des offres considérables pourl’y attirer : les instances
du duc de Chartres , qui l’aimait beaucoup, le détour-
nèrent de ce voyage. Ce prince reçut de lui des leçons
de peinture.

Antoine Coypel fut nommé directeur de l’académie
en 1714- L’année suivante, le roi l’ennoblit, et le fit
son premier peintre. Le duc d’Orléans , régent du
royaume , lui confia la décoration de sa nouvelle gale-
rie du Palais-Royal. Coypel y peignit à l’huile quatorze
sujets de l’Enéide. Ce peintre était né pour les grandes
compositions : il eut un génie facile, et posséda le poé-
tique de son art; il était gracieux dans ses airs de tête : il
s’attacha à l’expression des caractères , et il joignit à ses
talens une érudition distinguée. L’épuisement dans
lequel l’avaient,jeté ses grands travaux le fit tomber
dans un état de langueur qui ne le quitta plus. Il
mourut en 1722, âgé de soixante-un ans.

Charles-Antoine Coypel, son fils et son élève, n’a pas suivi les
traces qnî lui «“!<•»' Sun goût itc dessin est peu cor-

rect; son style manque de noblesse et de sévérité,- sec expressions
sont généralement fades et maniérées. Il jouit néanmoins, de son
temps , d’une grande considération , et fut nommé directeur de
l’académie royale. Il mourut en iyS2, âgé de cinquante-huit ans.
Il avait beaucoup d’esprit et d’instruction: il a composé des discours
académiques et des pièces de théâtre qu’il ne montrait qu’à ses amis.

Noël-Nicolas Coypel, frère d’Antoine, s’est distingué par une
grande faciliié d’invention , un dessin correct et élégant, et sur-
tout par la fraîcheur du coloris. S’il eût vécu plus long-temps, il
eût peut-être surpassé son frère. Il mourut en 1734, à l’âge de
quarante-trois ans, des suites d’un coup qu’il s’était donné à la
tête. Ses meilleurs ouvrages étaient à la chapelle de la Vierge à
Saint-Sauveur : le plafond était regardé comme son chef-d’œuvre.
Noël-Nicolas était particulièrement recommandable par la douceur
de son caractère, scs mœurs, sa probité et sou désintéressement.
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