Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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«Quand il fut arrivé,,il secoua la neige qu’il avoit
« aux pieds, tendit ses collets, et englua de longues
« verges avec la glu qu’il avoit apportée : puis s’assit
« en aguet là auprès : mais de la maison il ne sortoit
« personne , ni homme , ni femme, ni coq, ni poulie ,
« ainssetenoient tous enfermés, clos et couverts au long
« du feu : dont le pauvre Daphnis estoit en grand
« esmoi d’estre venu si mal à poinct et à heure si mal-
« heureuse.

« Si osa bien penser de controuver quelque occasion
« pour entrer dedans la maison , discourant en lui-
« mesme quelle couleur seroit la plus croyable. S’il
« disoit : — Je viens quérir du feu ; on lui eust peu
« répondre : — Eh comment! n’avez-vous pas de plus
« proches voisins? — Je demande du pain. — Ton
« bissac est tout plein de vivres. — Je cherche du vin.
« — Il n’y a que trois jours que vous avez faitven-
« danges. — Le loup m’a poursuivi. — Et où en est la
« trace? —J’étais venu chasser aux oiseaux. — Eh
« bien ! que ne t’en vois-tu doncques après que tu en as

« assez prins? «— Je veux voir Cliloé Eh! qui con-

« fesserait à un père ou à une mère estre venu pour
« veoir leur fille ? Par-tout les garçons se taisent sur
« ce point. Ainsi n’y a-t-il pas une de toutes ces occa-
« sions-là où il n’y ait toujours quelque soupçon. Il
« vaut donc mieux que je me taise; je reverrai Cliloé
« au printemps, puisque les Dieux ne veulent pas,
« comme je crois, que je la voie en hiver. » ( Daphnis
et Cliloé, livre 3 )■

Ce charmant dessin, tiré du cabinet de MM. Didot,
est remarquable par la simplicité de la composition,
l’expression naïve de la figure, et la vigueur de l’effet.
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